Les poissons du large et du fond
Depuis quelques années, les étals des poissonneries se sont agrandis pour accueillir de nouvelles espèces de poissons.
Dans la plupart des îles et atolls de Polynésie française, la pêche traditionnelle est synonyme de pêche lagonaire ou de pêche côtière. Le faible volume pêché et la vente directe des captures empêchaient d'apprécier la diversité des produits disponibles. Pourtant, les pêcheurs et certains consommateurs connaissaient depuis longtemps des poissons du larges tels que l'espadon de nuit (le meka), le marlin (haura commercialisé sous le nom d'espadon dans les restaurants ou poissonneries), les thons (aahi en tahitien et différencié en taria pour le thon blanc, rearea pour le thon jaune et tatumu pour le thon obèse ou thon rouge). Le saumon des dieux était moins connu. Dans certaines archipels comme les Australes, les pêcheurs locaux ont l'habitude de pêcher en profondeur dans le grand océan et des poissons comme l'Uravena sont très prisés de la population. Pourtant l'avez vous déjà rencontré à la vente ?
Comme ces poissons dits du large mais que l'on peut rencontrer à proximité des côtes, les poissons du fond comme les parus (les vivaneaux) sont pêchés depuis très longtemps à l'aide de lignes à la main le long des tombants récifaux.
Pour les consommateurs que nous sommes, tous ces poissons semblent des produits nouveaux. En fait, ils sont simplement commercialisés différemment et on les trouve aujourd'hui dans les poissonneries, au marché et dans les moyennes et grandes surfaces. Cette diversité de la distribution a été nécessaire car de plus en plus de ces poissons sont arrivés à la vente.
Pourquoi plus de poissons me direz-vous ? parce qu'il y a plus de bateaux vous répondrais-je. Des bateaux plus grands, plus modernes qui peuvent partir plusieurs jours et même plusieurs semaines en mer et poser des palangres de plus de 50 Km de long.
Deux types de palangres sont utilisés : La palangre dérivante en plein océan qui est aujourd'hui bien connu et la palangre de fond qui est encore peu usitée. Dans les deux cas, cette palangre ressemble à une guirlande (ligne mère) le long de laquelle sont accrochés des bas de ligne équipé d'un hameçon (avançon). La palangre dérivante permet de pêcher entre la surface et 500 m de fond et permet la capture des thons, marlins, espadon, saumon des dieux, papio, uravena, mana. Avec la palangre de fond, on peut capturer des parus et d'autres espèces que des pêches sur les monts sous-marins nous permettront de découvrir.
La plupart de ces espèces sont connues des scientifiques mais les connaissances de leur biologie sont, pour certaines d'entre elles, encore très limitées. Un avantage pour le consommateur est l'absence de risque de ciguatera ("la gratte") avec ces poissons. Malgré ce nouvel attrait à pratiquer d'autres pêches et à vouloir pêcher plus, il faut toujours garder à l'esprit que ces poissons ne sont pas inépuisables. En particulier, pour les espèces de fond dont certaines ont une espérance de vie de 70 ans, trop de pêche serait rapidement catastrophique. Les biologistes sont là pour surveiller et faire en sorte que la pêche soit raisonnable.
