Le Poti Marara
Le Poti Marara, une invention bien de chez nous
C'est en 1957 que le premier poti marara a vu le jour. Dans un petit atelier d'Arue, Léonard Deane, pêcheur et constructeur de bateau de son état, inventa cette année là, le système dit "du manche à balais" qui allait devenir une référence dans le milieu professionnel de la navigation. Cette invention permettait enfin de partir seul en mer pour pêcher. Dans l'atelier où fut fabriquer la première embarcation de ce type, près du tombeau du roi Pomare V, à Arue, les enfants de Léonard, coco et Georges ont reprient le flambeau et continuent à construire ces embarcations, avec l'héritage de plus de 30 ans d'expérience. Leurs "poti" voguent aujourd'hui sous toutes les latitudes polynésiennes.
40 ans après, le "poti" a grandi
Depuis 40 ans, le poti marara a fait du chemin. Il était conçu au départ, comme son nom l'indique, pour la pêche au marara dans le lagon et était d'une taille assez réduite. Aujourd'hui les besoins des pêcheurs ont changé et les moteurs qu'ils utilisent sont beaucoup plus puissants qu'auparavant. Les poti marara sont donc de plus en plus grands. Aujourd'hui, on l'utilise souvent pour la pêche au thon ou à la bonite. Sa grande manoeuvrabilité reste un atout important face à la concurrence.
Sa fabrication
La construction de ce type d'embarcations se fait en plusieurs étapes bien distinctes. C'est tout d'abord en fonction de la demande du client et du moteur qui sera utilisé que l'on dessine des plans. Les membrures en Burau (bois local) sont taillées sur mesures puis collées et vissées entre elles. On a alors déjà la forme générale, le squelette pour ainsi dire, de ce que sera le navire. On procède en suite à l'habillage à l'aide de contre plaqué d'importation. Des virures (lattes sous la coque) sont mises en place. On ponce, on étale la résine, puis le mastique. Par ailleurs on introduit de la mousse sur les côtés et dans le bas de la coque pour rendre l'embarcation insubmersible. Et pour finir c'est le tour de la peinture. Les pêcheurs préfèrent en général des couleurs vivent qui se détachent mieux sur un fond bleu de mer parcequ'ils seront plus vite repérés en cas d'un quelconque problème.
Grâce au matériel utilisé (le bois), le poti marara est léger, cela permet à son acquéreur de faire des économies de carburant.Un autre avantage, par rapport aux autres types de matériaux utilisés est la possibilité de modifier ou de créer des aménagements. Un bon bateau fabriqué par des spécialistes, et entretenu avec soin, peut durer jusqu' à 15 ans.
Le développement des coques en polyester et en aluminium
La production des Poti Marara en bois connait un ralentissement depuis l'emploi de nouveaux matériaux composites plus résistants. Aujourd'hui, les professionnels de la construction navale utilisent plus souvent le polyester ou l'aluminium.
Les Poti Marara en polyester lancés sur le marché au début des années 80 sont les plus vendus actuellement. Fabriqués à l'aide d'un moule, ils présentent l'avantage d'être plus résistants et nécessitent peu d'entretien. Le prix de vente est néammoins plus couteux pour le consommateur.
La fabrication des coques en aluminium remonte à quelques années.
Elles sont plus légères, plus résistantes et ne demandent pas d'entretien particulier. Il faut tout de même surveiller de prêt les intallations électriques du bateau pour éviter tout risque d'électrolyse. Son prix de vente est moins élevé que celui en polyester.
Le "poti" : un bateau idéal pour les pêcheurs des Tuamotu
Aux Tuamotu, le "poti", reste encore aujourd'hui une des embarcations les plus prisées pour les pêcheurs en haute mer. Souvent équipés de moteurs à essence, les artisans de la mer sont parfois "assommés" par le prix du carburant. Aujourd'hui, le territoire encourage les pêcheurs à s'équiper de moteurs diésel en leur attribuant une aide financière. Une commission désignée par le Territoire étudie chaque demande. L'aide fournie pour l'achat d'un Poti Marara équipé d'un moteur diésel peut aller jusqu'à 800 000 FCP. La banque Socredo intervient également dans cette initiative en accordant des prêts à taux préférentiels. Cette aide ne s'adresse qu'aux personnes munies d'une licence de pêche.
