Histoire de la perle de culture de Tahiti
La nacre est l'une des premières richesses naturelles propres à la Polynésie. Elle est exploitée depuis le début du XIXe siècle par les pionniers de "l'Est polynésien" (Tuamotu). Elle avait alors une valeur utilitaire et décorative : décoration de parures, marquetterie, touches d'instruments de musique…
En 1905 le japonais Mikimoto réussit à obtenir au Japon des perles complètement rondes par une technique de greffe appelée "enveloppement complet". Mais il faudra attendre les années 60 pour que les premiers essais de perle de culture soient réalisés en Polynésie. Jean-Marie Domar, alors chef du service de la pêche et vétérinaire de formation réussit les premiers essais. En 1966, la première ferme perlière sera créée à Mahini par les frères Jacques et Hubert Rosenthal, fils et petit-fils de spécialiste de la perle. Coco Chaze fut le directeur de cette ferme. Par la suite Jean-Claude Brouillet créera une ferme à Marutea Sud et Robert Wan à Mangareva.
L'activité prit aussitôt une dimension sociale, les entrepreneurs s'occupant de la greffe et de la commercialisation et laissant le collectage aux habitants des Tuamotu, formés en la matière par les efforts de vulgarisation du Service de la Pêche, notamment du Chef Sixte Stein.
Paul Yu, le docteur Jean-Paul Lintilhac, Jean-Pierre Fourcade, Yves Tchen Pan (qui introduisit la perliculture aux Cook), Jean Tapu (ancien champion du monde de chasse sous-marine), furent également des pionniers, avec un "non fermier" mais grossiste new-yorkais, Salvador J. Assael, qui a réussi à imposer la perle noire dans les plus grandes bijouteries-joailleries du monde, de Manhattan à la Place Vendôme à Paris. Mais le petit historique serait incomplet si on ommettait de parler de William Reed qui réalisa le transfert de technologie des japonais, et de K. Mizumo qui mit au point le collectage des naissains qui permettra à l'activité perlière de prendre son essor.
