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Les cartes marines


Fruit de cinq siècles de perfectionnements techniques, elles sont aussi sûres que simples à utiliser. Même muni d'une panoplie d'outils électroniques, vous devez avoir à bord les cartes de la zone fréquentée, tenues à jour. Elles contiennent des informations indispensables à votre sécurité.

Une longue histoire


La carte marine, où prédominait à l'origine le côté artistique, est aujourd'hui synonyme de fiabilité et de précision. Très tôt, les relevés hydrographiques ont été effectués par les autorités militaires pour des raisons stratégiques évidentes. La plupart des institutions hydrographiques mondiales dépendent toujours de la Défense : le SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine), représenté en Polynésie française par sa Mission Océanographique du Pacifique (MOP), dépend de la Marine nationale depuis trois siècles.
Service public, le SHOM est chargé d'élaborer, diffuser et tenir à jour tous les documents, cartes et instructions nautiques nécessaires à la sécurité de la navigation (qui concerne surtout les abords des côtes). Service de la Défense, il fournit aux forces navales des informations plus spécifiques sur le milieu marin.

Lire le fond de la mer


Au 18e siècle et pendant près de 200 ans, les mesures hydrographiques sont réalisées manuellement (fils à plomb) avec une précision qui étonne encore aujourd'hui. Les navires de la Marine utilisent maintenant des sondeurs multifaisceaux qui explorent le relief sous-marin sur une large bande et fournissent des mesures denses et précises. Pour créer une carte, il faut aussi connaître la position de chaque mesure (avec un GPS), et calculer la marée (pour le "zéro hydrographique"). Puis l'Etablissement Principal du SHOM (EPSHOM) à Brest centralise l'information, édite et imprime les cartes et les diffuse.
L'Arago (qui effectuait les relevés en Polynésie) est rentré en métropole en 2002. Des vedettes équipées se chargent désormais des mesures pour l'actualisation des cartes.

Papier ou CD-Rom ?


Depuis quelques années les cartes électroniques, normalisées au niveau international, ont fait leur apparition. Disponibles sur CD-Rom, respectant les symboles et abréviations familiers, les ENC (Electronic Navigation Charts) alignent les atouts. La mise à jour est simple est automatique : grâce aux transmissions par satellite, les nouvelles données sont apportées directement au fichier informatique de la carte en mémoire dans l'ordinateur. Pour faire le point, il suffit de connecter le GPS à l'ordinateur et la position apparaît sur l'ENC à l'écran. Plus besoin de sortir le crayon… En connectant le radar, on peut aussi visualiser les autres navires et leur route…
Utilisé par la marine marchande et les navires de commerce, le système pourrait séduire prochainement la plaisance (atout gain de place, prix attractif). Mais la navigation électronique ne se substitue pas à la méthode sur papier et il est indispensable de bien maîtriser les principes traditionnels de la route et du point avant de recourir à la technologie.
On notera cependant qu'à compter du 1er janvier 2005, la nouvelle réglementation concernant la plaisance en France stipule qu'en ce qui concerne les documents nautiques, les cartes marines sur support papier peuvent maintenant être légalement remplacée par des cartes électroniques. Le choix de la carte papier ou électronique est donc désormais laissé au plaisancier.

    Cartes marines pour la Polynésie française :
  • Catalogue du SHOM (Cartes marines et documents nautiques) : sur papier (gratuit sur demande à petit_catalogue@shom.fr), en ligne sur www.shom.fr, rubrique Produits et Publications.
  • Points de vente agréés par le SHOM à Tahiti :
  • Klima Librairie, 13 Place Notre-Dame - 42 00 63
    Nautisport, Fare Ute - 50 59 59
    Les éléments d'une carte :
  • les méridiens (droites verticales) : longitude - 0° à 180° W ou E
  • les parallèles (droites horizontales) : latitude - 0° à 90° N ou S
  • les courbes isométriques : altitude
  • les courbes isobathes ou lignes de sonde : profondeur
  • le zéro hydrographique : niveau des plus basses mers astronomiques. La profondeur indiquée sur la carte est donc toujours la plus faible qu'on peut rencontrer.
  • les symboles et abréviations (couleurs, nature des fonds, balisage, épave, etc…) répondent à des normes strictes.
    Tenir à jour vos documents nautiques :
    Nouvelles épaves, travaux de port, changement dans le balisage, haut-fond dynamité nécessitent d'actualiser les cartes. Les modifications officielles à porter sur les cartes sont communiquées :
  • par Avurnav (Avis Urgent aux Navigateurs) en cas d'urgence,
  • par les GAN (Groupes hebdomadaires d'Avis aux Navigateurs), consultables dans les capitaineries, sur abonnement pour leur version papier, gratuitement sur www.shom.fr, rubrique Services et outils / Corrections aux documents nautiques (GAN).