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L'électrolyse


La corrosion des métaux sur une coque est causée par le passage d'un faible courant électrique d'un métal à l'autre. Deux métaux placés en électrolyse (dans l'eau de mer) ou se touchant, ou relayés par un agent tel qu'un antifouling à base de cuivre, engendrent une cellule primaire, et un courant tendra à créer un "placage". Tous les métaux peuvent se classer en ordre galvanique : un métal en tête de liste, dit "noble", attaque un métal en bout de liste "vil" lorsqu'ils se trouvent en présence d'un circuit électrolytique. Le cuivre étant plus noble que le fer l'attaquera et provoquera sa corrosion. De même l'aluminium plus vil se corrodera en présence du bronze, plus noble. On pourrait se dégager de tout souci en ayant tous les accessoires et leurs fixations dans le même métal mais cela est pratiquement impossible. D'où la nécessité de les protéger.

Les troubles peuvent également provenir d'un défaut dans le courant électrique du bord, par exemple si le pôle négatif de la batterie prend masse sur le bâti du moteur et qu'un circuit positif fuit vers un accessoire métallique, engendrant ainsi un courant électrique entre 2 points. C'est pour cela qu'il vaut mieux avoir un disjoncteur isolant la batterie quand on ne s'en sert pas.

On peut se protéger du phénomène en installant une anode en zinc sur l'extérieur de la coque, et reliée intérieurement à tous les accessoires placés sous la flottaison, au moteur et à l'arbre d'hélice. Le zinc étant un métal "vil", il sera attaqué par les autres métaux, de préférence aux autres accessoires métalliques. L'anode devra être inspectée tous les ans, mais elle met en général 2 ou 3 ans avant de se désintégrer.

L'aluminium étant un métal tendre, il sera d'autant plus menacé par les problèmes d'électrolyse.
    Aussi faut-il être très vigilant pour l'isoler :
  • Des sources électriques, en ayant une installation bi-polarisée et isolée de la masse. On peut installer des "tests de fuite" en 2 points de la coque, qui signaleraient un éventuel faible passage de courant, ce qui provoquerait à brève échéance une désintégration de l'aluminium.
  • Des autres métaux, tel l'inox, utilisé en visserie et en accastillage. Le fabricant utilisera de préférence de la boulonnerie en alu. Chaque fixation, ou pièce inox devra être entièrement isolée de la coque alu, au moyen de fourreaux et rondelles en teflon ou caoutchouc, ou tout matériau isolant électrique (attention de n'utiliser que de l'inox qualité marine, le seul qui résiste réellement à l'oxydation).
  • Des bateaux voisins, en vérifiant régulièrement l'état des anodes, l'eau de mer mettant en électrolyse les divers métaux sous la flottaison.