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La balise de détresse


La rapidité d'intervention est souvent déterminante pour la réussite d'une opération de sauvetage. Pour cela, il faut pouvoir localiser la personne en situation critique. Depuis 1988, un réseau international permet de repérer par satellite les personnes en détresse, où qu'elles soient sur la planète. Il s'agit du programme COSPAS-SARSAT, une initiative du Canada, de la France, des États-Unis et de la Russie.

Le système SARSAT-COSPAS* est un moyen de transmission d'une alerte et de localisation en cas de détresse (aérienne, maritime ou terrestre). Dans le monde maritime, son application est l'EPIRB (Emergency Position Indication Radio Beacon), ou radiobalise de localisation des sinistres (la balise de détresse).

Des oreilles dans l'espace


Lors de l'achat d'une balise de détresse, le revendeur agréé code dans la balise le MMSI (numéro d'identification radioélectrique) du navire et remplit le carnet individuel de la balise. Toutes les informations sont centralisées dans une base de données.
En cas de détresse, la balise est déclenchée (manuellement, ou automatiquement en cas de naufrage). L'un des quatre satellites qui font continuellement le tour de la terre arrive et capte le signal. L'information est instantanément renvoyée à un centre de traitement des informations au sol. Pour la Polynésie française, ce centre est à Toulouse (fonction assurée par le CNES, Centre d'Etudes Spaciales). Là, l'information est décodée, ce qui permet de localiser la balise dans un carré de 500 m de côté et d'identifier le navire en détresse grâce à la base de données. Toulouse renvoie alors l'information aux Centres de recherche et de sauvetage concernés (MRCC Papeete en ce qui nous concerne), qui entreprend les recherches sur place. Du déclenchement de la balise jusqu'au MRCC, il ne s'écoule même pas une heure.

Obligatoire sur les navires professionnels


La balise de détresse est obligatoire sur tous les navires professionnels soumis aux normes de sécurité internationales du SMDSM (Système Mondial de Détresse et de Sécurité en Mer). Elle est facultative sur les navires de plaisance, mais conseillée aux navigateurs armés en 1ère catégorie.
Dans le Pacifique, la balise constitue un atout considérable pour la sécurité des navires, car la zone de responsabilité du Centre de sauvetage de Papeete (MRCC) est aussi vaste que l'Europe (10 millions de km2). De plus, dans cet immense espace maritime, les distances avec la terre sont telles que les moyens classiques type VHF (on ne parle pas du vini) sont parfois insuffisants. Le système SARSAT-COSPAS fonctionne, lui, du Pôle Nord au Pôle Sud, 24h sur 24, quelle que soit la position du navire et sa distance avec d'autres navires ou avec la terre.

Quelle balise choisir ?


Les deux types de balises de détresse sont la balise individuelle, peu chère, petite, bien adaptée aux besoins de la plaisance, et la balise de pont avec largeur hydrostatique (elle se déclenche automatiquement à 4 m de profondeur si l'équipage ne l'a pas déclenchée manuellement) : c'est le modèle obligatoire pour les navires de charge et de pêche. Il existe aussi des modèles avec GPS incorporé, qui donnent la position à 20 m près… Comptez environ 85 000 FHT pour une balise individuelle, et 170 000 FHT pour une balise de pont.
Attention, vérifiez que vous achetez bien une balise SARSAT-COSPAS : il doit être inscrit dessus, en anglais, "RLS COSPAS/SARSAT DISTRESS BEACON" (quelle que soit la marque et quel que soit le pays). Les balises dites "compatibles" et les balises "aviation" ne vous seront d'aucun secours et en plus, elles sont interdites sur tous les types de bateaux.

Recommandations

  • Ne prêtez jamais votre balise, ne l'embarquez jamais sur un autre bateau que le vôtre.
  • Toutes les balises agréées par la Marine Marchande française ont un bouton "test" pour vérifier leur fonctionnement (elles envoient alors un message spécial ignoré par le satellite). Effectuer le "test" tous les 6 mois est suffisant. Quel que soit le modèle de votre balise, n'essayez pas de vérifier si elle fonctionne en la déclenchant. Sitôt déclenchée, même quelques secondes, le signal de détresse est émis et la procédure de sauvetage engagée…
  • Faites-la réviser par un centre de maintenance agréé selon les prescriptions du fabriquant (environ une fois par an). Seul le revendeur agréé dispose de l'équipement nécessaire (cage de Faraday) pour vérifier le bon fonctionnement de votre balise sans risquer de déclencher une fausse alerte.
  • Les piles se changent tous les 4 ans, le largeur (pour une balise de pont) tous les 2 ans. Surveillez la date de péremption inscrite dessus.
  • Evitez les chocs et heurts sur le caisson de la balise, ou toute manipulation trop brusque.
  • Complétez votre balise de détresse d'une VHF, indispensable pour les contacts de proximité avec l'avion ou le navire de sauvetage.
  • Ne laissez pas des enfants jouer avec (la confusion avec un talkie-walkie s'est déjà vue…).
  • Une fois que la balise est déclenchée, il faut la laisser émettre. Ne l'éteignez pas pour économiser les piles, par exemple, car le signal risque d'être mal capté. Si vous vous tirez d'affaire tout seul, n'éteignez pas votre balise, surtout si vous reprenez votre route ! Les recherches s'effectuant sur la dernière position indiquée par la balise, les secours, qui ignorent que vous n'avez plus besoin d'eux, risquent de vous chercher en vain… Gardez la balise allumée pour être suivi dans votre déplacement.

*SARSAT : Search and Rescue Sattelite-Aided Tracking
COSPAS : Système Spacial de Recherche des Navires en Détresse (sigle Russe)

Pour en savoir plus


Sur les balises de détresse : Assystem - Tél : 54 94 73.
Sur la réglementation : www.mer.equipement.gouv.fr, rubrique Sécurité (Division 219 : Radiocommunications pour le Système Mondial de Détresse et de Sécurité en Mer).