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Le dessalinisateur


Grâce à un système de filtration appelé "osmose inverse", le dessalinisateur fournit de l'eau douce à partir de l'eau de mer. Et ce à volonté… Finis, la contrainte des réserves d'eau douce limitées, les nécessaires économies d'eau et les pleins interminables : le dessalinisateur permet une totale autonomie. Un avantage certain là où l'eau est rare, comme dans les Tuamotu.

Selon un phénomène naturel, lorsqu'on place deux solutions de concentrations différentes à côté en les séparant par une membrane semi-perméable, le solvant de la solution la moins concentrée traverse la membrane vers la solution la plus concentrée pour la diluer. Si l'on essaie d'empêcher ce flux d'eau en appliquant une pression sur la solution concentrée, le flux va diminuer et il arrivera un moment où la pression appliquée sera telle que le flux sera nul. Cette pression d'équilibre est appelée pression osmotique. Si l'on continue à augmenter la pression au-delà de la pression osmotique, on observera le passage du solvant (eau douce) contenu dans la solution la plus concentrée (eau de mer) à travers la membrane semi-perméable vers la solution diluée. C'est le phénomène d'osmose inverse.

L'osmose inverse est efficace pour le dessalement des eaux saumâtres (1 à 10 g/l) et des eaux de mer (entre 35 et 50 g/l). C'est le processus utilisé par le dessalinisateur, un appareil fiable, simple d'utilisation et d'entretien. Le circuit est le suivant : l'eau de mer est aspirée par une pompe puis traverse un filtre qui la nettoie de ses impuretés. Sous pression à 800-850 PSI (56-60 bars), elle franchit ensuite une membrane semi-perméable qui la transforme d'une part en 5 % d'eau douce pure envoyés dans le réservoir, d'autre part en 95 % d'eau salée résiduelle rejetés à la mer.

Quelques conseils

  • Bien lire les consignes du fabriquant.
  • Les résidus de sel abîment la membrane. Après utilisation, rincer tout le circuit (pompe, membrane) à l'eau douce. Mais attention, l'eau "du quai" contient généralement du chlore, qui détruit la membrane. Pour éviter la présence de chlore, utiliser un filtre haut débit à charbon actif.
  • Attention aussi à toute trace d'huile ou de gasoil qui pourrait endommager la membrane.
  • On peut installer à l'entrée du circuit des préfiltres pour éliminer les algues et particules en suspension (filtres à 20 microns ou 5 microns, réutilisables une dizaine de fois en les rinçant à l'eau douce… non chlorée bien sûr, pour éviter d'éventuelles infiltrations de chlore dans le circuit).
  • Changer régulièrement les filtres. Pour éviter qu'ils ne s'encrassent trop rapidement, éviter de faire fonctionner le dessalinisateur lorsque la qualité de l'eau de mer environnante n'est pas bonne (eau trouble à l'embouchure des cours d'eau, boueuse après une pluie, polluée…). En cas de besoin, mieux vaut s'éloigner des côtes pour retrouver des eaux plus propres.
  • Si le circuit est inutilisé pendant plusieurs mois, le rincer avec une "solution de stockage" qui empêche les bactéries de se former. Lors de la remise en service du dessalinisateur, jeter les 10 premières minutes de production d'eau douce.
  • Faire entretenir, nettoyer, vérifier régulièrement la membrane par un spécialiste.
  • Changer l'huile de la pompe à haute pression (au bout de 50 h la première fois, puis 500 h - suivez les consignes du fabriquant).

Remerciements : SOPOMECA