Moyens et actions de l’État en mer
Le centre de sauvetage des vies humaines en mer, le MRCC de Papeete, fonctionne 365 jours par an, 24h sur 24. L’action de l’Etat en mer repose sur la coordination des différents intervenants dans la chaîne du sauvetage en mer mais également dans bien d’autres missions maritimes
Des moyens adaptés
au type d’intervention
Le MRCC de Papeete est "armé" par 16 personnes, 8 chefs de quarts qui assurent la veille en permanence et 8 coordinateurs de mission sauvetage (CMS), officiers de la marine nationale ou des affaires maritimes. Le MRCC mobilise differents moyens, publics ou prives, selon le type d'intervention. Pour les moyens publics, il dispose pour:
- ses interventions maritimes: des batiments de la marine, 2 patrouilleurs de 400 tonnes, le batiment de transport leger Dumont d'Urville, la fregate de surveillance Prairial, equipee d'un helicoptere Alouette III, un remorqueur de haute mer, le Revi, et deux remorqueurs cotiers, le Manini et la Maroa; du patrouilleur de la gendarmerie maritime, le Jasmin, et du patrouilleur des Douanes, l'Arafenua, au large rayon d'action;
- ses interventions aeriennes: des 2 avions Gardian de la marine nationale et de l'helicoptere Super Puma de l'Armee de l'Air. Lors des interventions sur le littoral, les moyens des mairies, et notamment les pompiers, sont sollicites (zodiac, jet ski...) ainsi que les gendarmes, et notamment la brigade nautique. Tres au large, tous les navires de peche et de commerce sur zone sont mis a contribution pour les recherches.
La reception des alertes: divers types d'alerte 
Le MRCC intervient sur tous les types d'alertes: une couverture HF ou VHF est assuree par Mahina Radio et une veille des alertes par satellites Inmarsat et Cospas-Sarsat par le MRCC. Les navigateurs en situation de detresse dotes d'une balise de detresse de type Cospas-Sarsat sont reperes par satellite. L'alerte est traitee par le centre spatial de Toulouse (FMCC Toulouse) qui previent immediatement le MRCC Papeete. Les brigades de gendarmerie donnent egalement l'alerte quand des familles, inquietes de ne pas voir rentrer le poti marara, le bonitier ou le voilier, les contactent.
Les recherches: un réseau de solidarité
En Polynésie, comme ailleurs, les pêcheurs, ou les navires de commerce déjà sollicités pour apporter leur concours pendant la phase de recherche, sont souvent ceux qui peuvent également porter assistance aux marins en détresse. Il existe dans ce domaine une réelle solidarité et une forte cohésion entre usagers de la mer en Polynésie française.
Le réseau bénévole fonctionne particulièrement bien, d’où le projet de mise en place de la Fédération d’Entraide Polynésienne du Sauvetage en Mer (FEPSM). «De nombreux bénévoles sont identifiés et prêts à intervenir. Il faut les fédérer… «Ils interviennent dans un tiers des interventions de sauvetage», explique la responsable du MRCC. En France métropolitaine, la Société Nationale de Sauvetage en Mer, une association loi 1901 reconnue d’utilité publique, possède des stations et des vedettes de toutes catégories sur l’ensemble du littoral. Pour la petite histoire, elle a pour origine l’initiative des femmes de marins bretons au 18ème siècle.
Perspectives: vers un CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage) en Polynésie française
Le MRCC Papeete a pour objectifs de renforcer en 2007 l'organisation du sauvetage en mer: Au niveau local, avec la signature de deux conventions:- une convention entre l'Etat et l'Office des postes et telecommunications de Polynesie francaise, organisme de tutelle de la station cotiere Mahina Radio, afin de perenniser l'activite de veille radio-maritime de cet organisme jusqu'a l'ouverture du CROSS Polynesie francaise;'
- une convention entre l'Etat et le SAMU de Polynesie francaise afin que ce dernier soit reconnu comme SAMU de coordination médicale maritime (SCMM) dans les procédures opérationnelles d’assistance médicale en mer.
Au niveau régional, en formalisant la coopération avec les MRCC des SRR voisines (Valparaiso, Honolulu, Wellington). Parallèlement, les études permettant de parvenir à la création d’un CROSS Polynésie française à l’horizon 2009 seront poursuivies. Les crédits correspondants ont été inscrits au budget 2007 du ministère de l’équipement et des transports et les études se poursuivent. Le CROSS, équipé de moyens radio dont ne disposent pas l’actuel MRCC, assurera, en plus des missions de sauvetage en mer et de diffusion de l’information nautique, la surveillance du trafic maritime, la surveillance des pollutions et la coordination des missions de police des pêches.
Au-delà de l’organisation du sauvetage, la persistance de comportements peu responsables aux conséquences fâcheuses sur les plans humain et financier conduit les services de l’Etat, en 2007-2008:
- à maintenir les efforts de prévention, déjà considérables, à travers notamment des campagnes de communication dans les journaux, à la radio et à la télévision financés par la marine (prenez la mer, pas les risques), ou dans les archipels lors des tournées administratives;
- mais aussi à renforcer, en coopération avec les services de la Polynésie française, les contrôles et les sanctions. Les contrôles porteront particulièrement sur le respect des catégories de navigation et l’emport des matériels radio et de sécurité réglementaires. Les activités à risques telles que le transport de passagers ou la plongée subaquatique de loisirs seront également ciblés (plan Etat/Pays de contrôle des clubs de plongée).
