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Pirogue Va'a

La pirogue polynésienne est un véritable symbole du passé glorieux polynésien. A travers l'existence de compétitions sportives, les Polynésiens ont trouvé la possibilité de faire perdurer la valeur hautement emblématique du Va'a dans la vie moderne.

La pirogue, construite selon des modèles très variés, est omniprésente dans toute l'histoire de la Polynésie. Elle était utilisée pour les voyages, les explorations, la guerre, la pêche et les transports. Autant d'utilisations essentielles pour des îliens. Sa construction suivait des rituels et donnait lieu à des cérémonies spirituelles de grande importance au sein des populations. A chaque utilisation correspondait un modèle de construction : les modèles à double coques avec voile étaient utilisés pour les voyages et les transports, les double coques à pagaie étaient destinées à la guerre ou à la pêche en haute mer (selon leur taille), les modèles simple coque à balancier étaient déclinées avec des pagaies pour la pêche côtière et avec des voiles pour effectuer de courts voyages.

Avant, la pirogue était avant tout utilitaire

Mais, si la pirogue était largement utilisée dans toute la Polynésie ancestrale, la majorité des historiens s'accorde à dire que la pratique de la course de pirogue ne faisait pas partie des coutumes polynésiennes. En effet, même si une certaine compétitivité pouvait exister dans le maniement des pirogues lors de célébrations traditionnelles, les équipages cherchaient alors à attirer l'attention et les applaudissements des chefs par des manœuvres entreprenantes, il n'y a pas trace de courses de Va'a dans l'histoire polynésienne.
Avec l'arrivée des explorateurs et la colonisation, les goélettes et autres navires occidentaux finirent par suppléer les pirogues dont l'utilisation fut réduite, progressivement, aux transports et aux pêches "lagonaires". Les rituels de construction disparurent et l'attachement des Polynésiens à cet objet symbolique fut quelque peu mis en sommeil.

Compétitivité post-européenne

Les premières compétitions de pirogue dateraient des années 1850, elles seraient nées de l'organisation d'animations nautiques très variées créées à l'occasion de fêtes patriotiques ou locales (célébration de la Reine Pomare, de l'Empereur Napoléon, etc.). Les courses de pirogue s'apparentaient plus, alors, à des compléments d'animation qu'à des événements à part entière. La traditionnelle fête du Tiurai (autour du 14 juillet) célébrée pour la première fois en 1880 fera ainsi perdurer pendant plus d'un siècle les compétitions de pirogue, sans pour autant leur donner l'ampleur que cette discipline connaît actuellement. Les courses de pirogue restent ainsi, jusqu'aux alentours de 1970, plus proches de l'animation folklorique que de la compétition sportive. Une évolution qui tend à faire diminuer le nombre de rameurs et la taille des pirogues durant cette période.

La compétition de Va'a : une expression culturelle

Plusieurs évènements populaires survenus au cours des années 70 ont véritablement ravivé l'engouement des Polynésiens pour la pirogue. En 1976 fut construite à Hawaï une pirogue double appelée Hokule'a, réplique en plastique d'une pirogue traditionnelle, elle fit la traversée entre Hawaï et Tahiti. Cet exploit sportif, expression d'une recherche identitaire polynésienne, captiva la population tahitienne. Il est écrit que 15 000 personnes acclamèrent la pirogue à son arrivée à Papeete. La même année, une pirogue tahitienne, Teremataï, gagna la compétition hawaïenne de pirogue : Molokaï.
Hawaiki Nui, pirogue double polynésienne qui rallia la Nouvelle-Zélande au départ de Tahiti en 1985, fut construite dans un même courant d'expression culturelle.
Accompagnant puis faisant suite à ces événements, les mentalités évoluèrent et le Va'a devint le sport à soutenir. Les parents encouragèrent leurs enfants à le pratiquer, de nombreux clubs se créèrent et la discipline se structura. En 1975, suivant un courant polynésien international précurseur, fut créée sur Tahiti la ligue polynésienne des piroguiers. En 1980 la Fédération Française de Pirogue Polynésienne vit le jour. Les premiers championnats du monde furent organisés en 1984 et la première course Hawaiki Nui eut lieu en 1992.
Le Va'a retrouva ainsi une place prépondérante dans la société polynésienne grâce à la discipline sportive, qui elle-même doit certainement son succès auprès des jeunes générations à sa portée symbolique.
En 1984, la pirogue polynésienne devient l'emblème du drapeau de la Polynésie Française.

 

Organismes


Fédération Tahitienne de Va'a:


B.P. 50 339 PIRAE
Tél : 45 05 44 / 77 79 23
Site : www.ftvaa.pf - Email: ftvaa@mail.pf


 

Technique


Rames : entre art et sport

Devenu un sport de masse en Polynésie française, le Va'a fait pourtant toujours appel à des petites entreprises et à des artisans pour la fabrications des pirogues et des rames. Ces artisans, dépositaires d'une savoir faire ancestrale, ont cependant su perfectionner les équipements pour les rendre plus performants. Exemple avec Teato Taura, de Tahiti Rames, surnommé "le magicien des Rames".

Avec 30 000 pratiquants, le Va'a est devenu en moins de vingt ans le sport roi en Polynésie française. La fabrication du matériel reste cependant artisanale. Ce qui n'a pourtant pas empêché des progrès spectaculaires du matériel. Exemple avec les rames actuelles qui sont bien différentes des rames utilisées dans les années 1960-70, à une époque ou la Va'a n'était pas encore un véritable sport.
Première grande évolution : les rames n'avaient pas d'olive, cette poignée perpendiculaire au manche qui permet une bien meilleure prise en main. De dimensions beaucoup plus grandes, elles avaient un manche droit. Et malgré la force nécessaire pour arriver à manœuvrer ces impressionnantes rames, les équipages des V6 de l' époque arrivaient tout de même à une cadence de 40 à 50 coup de rame à la minute ! Principal changement intervenu dans les années 1989 et 1990 : l'arrivée de la rame dite en S. Sa particularité : la pale présente une légère inclinaison vers l'avant de 5 à 10 °. Un petit détail, pour les novices, mais une véritable révolution car cette inclinaison permet d'avoir une meilleure "accroche" dans l'eau et donc de donner des coups de rame plus efficaces. La taille des rames s'est également réduite. Résultat : aujourd'hui les rameurs montent à un rythme de 60 à 70 coup de rame à la minute et cela pendant des courses de plusieurs heures.

L'indispensable savoir faire des artisans

Ce qui fait une bonne rame, c'est bien sur sa légèreté et sa solidité mais surtout "son accroche" dans l'eau. Et pour arriver à réaliser des rames présentant toutes ses qualités, les artisans du Territoire ne font pas encore appel à l'informatique ou à la conception assistée par ordinateur mais tout simplement à leur intuition et au dialogue avec les compétiteurs. Ce qui est le cas de Teato Taura, surnommé "le magicien des rames", en raison de sa constante recherche pour améliorer cet équipement. Les rames conçues par son entreprise Tahiti Rames ont été utilisé par les équipages vainqueurs de courses aussi prestigieuses que l'Hawaiki Nui ou le Molokai.
Alors qu'a l'origine, les rames étaient taillées dans la masse d'un arbre, Teato Taura utilise aujourd'hui la technique du bois laminé collée. La rame est composée de plusieurs morceaux de bois qui sont assemblés entre eux par une colle très puissante. Des gabarits permettent de donner une première ébauche de la rame. La forme définitive est ensuite obtenue par ponçage et polissage. La rame terminée peut ensuite être recouverte de vernis ce qui lui permet d'avoir une plus grande longévité car le bois protégée de l'eau. Fabriquées avec ce procédé, les rames de Teato Taura sont de véritables bijoux avec une prise en main exceptionnelle et une très belle esthétique. Il ne faut pas moins de cinq jours pour fabriquer une seule rame car la colle doit sécher et il faut prendre du temps pour parfaire la forme définitive de la rame avec la ponceuse. Cette technique reste artisanale donc dépendante de l'habileté et du savoir faire de l'homme.

Des bois différents

Pour donner des caractéristiques différentes à chaque rame, on peut utiliser des essences de bois différentes. Provenant principalement de Nouvelle-Zélande et réputé pour sa solidité, le bois de Kauri, permet de réaliser des rames solides idéales pour les débutants qui mettront à rude épreuve leur matériel. Autre bois largement utilisé, le Basswood, issue du tilleul et provenant des Etats-Unis Son principal atout : il y a peu de nœuds ce qui le rend plus facile à travailler. Une qualité qui le différencie du bouleau, plus solide mais avec beaucoup plus de nœuds. Enfin des bois locaux comme le Purau sont également utilisés.

Bientôt le règne des matériaux composites ?

Dans les autres pays où se pratique le Va'a comme Hawaï ou la Nouvelle-Zélande, les rames en matériaux composites sont en train de s'imposer. Les plus utilisés de ce type de matériau : le kevlar et le carbone. Il se présente sous la forme d'un tissus léger mais extrêmement résistant. Tellement résistant qu'on les utilise d'ailleurs pour fabriquer des gilets pare balles ! Ces tissus en kevlar et en carbone sont enduits d'une résine pour les rigidifier et leur donner la forme voulue. Au final, une rame en matériau composite est aussi solide qu'une rame en bois tout en étant beaucoup plus légère, environ 200 grammes de moins. Ce qui paraît peu ! Mais lorsque que l'on court des marathons de 5 heures, ces 200 grammes de moins sont d'une importance considérable.

L'évolution du matériel et notamment des rames se poursuit avec la mise au point de rame dite en cuillère. Une forme qui leur permet d'avoir une meilleure accroche dans l'eau. Pour toutes ces innovations, les artisans et fabricants du Territoire peuvent s'inspirer des innovations réalisées dans les autres sports utilisant les rames comme le kayak et le canoë. Deux sports en pointe dans le perfectionnement des rames.

 

Fabrication


Fabriquant de rames


Brander construction

Tél : 42 45 98

Fibre de verre Moorea

Tél : 56 11 29

Va'a Factory

Tél : 83 44 17

Tahiti Rames

Tél : 43 06 74

VIPER VA'A

Rames et accessoires de va'a
T él : 66 11 38 - mob : 73 82 61
www.vipervaa.com