Présentation
Une vingtaine d'espèces de cétacés résidentes ou migratrices, dont la baleine à bosse et le cachalot, fréquentent les eaux polynésiennes, attirées par un habitat encore préservé. Les rencontrer suscite émerveillement et émotion.
Entre juillet et octobre, les grands cétacés migrateurs viennent mettre bas dans nos eaux chaudes avant de retourner vers l'Antarctique. Ce rendez-vous annuel est devenu, en quelques années, une des attractions touristiques principales sur certaines îles du Territoire (Moorea, Rurutu). Dauphins et baleines deviennent des "acteurs économiques" et participent au développement d'un éco-tourisme qui se veut proche et respectueux de la nature.
À la différence d'autres sites d'observation des cétacés (Alaska, Hawaï…) où cette activité est devenue intensive, aller à la rencontre des baleines garde, en Polynésie, une dimension confidentielle. Pour conserver cet attrait touristique privilégié, il faut avant tout préserver la quiétude de ces géants des mers. C'est notre comportement qui conditionne la fréquentation des eaux polynésiennes par les mammifères marins.
Prudence et discrétion
Dans tous les cas, la règle d'or est de garder une distance respectueuse et d'éviter d'importuner les cétacés. Il faut rester à 50 m (sauf si les dauphins viennent à l'étrave), 100 m si un baleineau est présent, et un nageur ne doit pas approcher à moins de 30 m. Il est préférable de ne pas rester plus de 15 minutes. Approcher par l'arrière en visant un point à côté du groupe plutôt qu'en se dirigeant droit dessus, et ralentir (3 nœuds) à partir de 300 m pour suivre ensuite une route parallèle en demeurant sur le côté du groupe. Les évolutions du bateau peuvent surprendre les cétacés : la vitesse doit être constante (3 nœuds), les changements de cap progressifs, et il ne faut pas couper le moteur. Attention à ne jamais encercler les animaux, ni bloquer un cétacé contre le récif ou la terre, ou séparer les membres d'un même groupe (surtout pas une mère et son petit).Une baleine pesant tout de même 40 tonnes, il faut toujours rester prudent et surveiller l'attitude des animaux. Si un grand cétacé montre un comportement inquiétant, si le groupe prend la fuite ou comporte des nouveau-nés de quelques jours, ou si un autre bateau s'approche (les cétacés sont perturbés en présence de plusieurs bateaux), écourter l'observation. On pourra aussi noter la position, le moment, l'espèce et le nombre d'individus rencontrés.
Sanctuaire et réglementation
L'observation des mammifères marins à des fins récréatives ou scientifiques est réglementée et nécessite une autorisation depuis mai 2002, date à laquelle a été créé en Polynésie un sanctuaire pour la protection et la sauvegarde des baleines et des mammifères marins sur 4 millions de km2, interdisant la mutilation, le harcèlement, la capture, l'enlèvement, la consommation ou la chasse à la baleine. Cette initiative a été récompensée par Le Prix de la Terre en août 2003.Adresses utiles
Observatoire des Cétacés de Polynésie - 803 831
Direction de l'Environnement - 47 66 66
Site sur la présence des baleines en Polynésie : www.baleinomane.net
Site sur la préservation des dauphins en Polynésie : www.dolphin-watch.pf
Culture générale
Pourquoi baleines à bosse ?
Ce nom leurs vient de la bosse qu'elles ont au niveau de la nageoire dorsale. Quand on a la chance d'en voir une, on peut remarquer que la nageoire dorsale est "posée" sur une protubérance. En fait, le nom scientifique de la baleine à bosse est mégaptère ce qui signifie grande aile. En effet, la baleine possède des nageoires pectorales très grandes (environ 1/3 de la longueur du corps) qui, d'après les scientifiques, lui servent à réguler la température de son corps en envoyant le sang aux extrémités. Ce système est très utile lorsqu'on connaît le caractère "sportif" de ce mammifère qui se dépense énormément.Reviennent elles d'une année sur l'autre ?
Pour la population, rien ne ressemble plus à une baleine à bosse qu'une autre baleine à bosse mais pour les scientifiques ce n'est pas le cas. En effet, les photos et les vidéos permettent une identification précise de chaque individu. La nageoire dorsale est une emprunte digitale très intéressante pour les scientifiques mais selon l'angle de prise de vue ne permet une identification pertinente. Par contre, la nageoire caudale qui peut mesurer jusqu'à 3 mètres est une mine de renseignements très sûr pour les scientifiques. Ce pointage systématique des baleines à bosses permet d'affirmer que la plus part d'entre elles reviennent chaque année dans les mêmes zones.Pourquoi viennent elles en Polynésie française ?
Les signes des différents groupes étudiés montrent qu'elles ont choisi la Polynésie française comme lieu de reproduction. Le premier signe est la présence des baleineaux de moins d'un an auprès de leur mère. En effet, le sevrage des baleineaux dure un peu moins d'un an mais les baleineaux restent avec leur mère pendant quelque temps. Le second signe est la présence de "groupes actifs" à savoir la lutte des mâles pour la conquête d'une femelle. Le dernier élément est la présence des chanteurs qui soit pour connaître la force de ses adversaires, soit pour séduire la femelle, vont se mettre à chanter.Le chanteur : qui est il ?
On parle de chant parce qu'il y a réellement des couplets et des refrains avec une reprise rigoureuse des différents thèmes ce qui donne une vraie mélodie à la chanson.Il a été prouvé que seul le mâle chante. On peut penser par contre que chaque individu d'un même groupe à un chant qui lui est propre, mais il n'en est rien. Seul le ton du chant diffère en fonction de la maturité de la baleine. Si l'un des individus à un chant plus fort, la confrontation n'a pas lieu et le plus "faible" s'incline. Par contre, dans le cas où les tons sont assez similaires, la confrontation a souvent lieu. Le combat entre deux baleines entraîne souvent la venue d'autres mâles qui sentent la présence d'une femelle. Le vainqueur, comme dans tous le règne animal, gagne le droit à l'accouplement.
Les scientifiques se trouvent cependant devant une énigme quant à la position qu'adopte les baleines pour chanter. En effet, elles chantent toujours perpendiculaire à la surface, la tête en bas et souvent à des profondeurs assez importantes. Ce phénomène inexpliqué reste néanmoins spectaculaire.
