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Actions contre une pollution en mer


Opérations complexes

Lutter en mer contre une pollution constitue toujours une opération complexe, d'autant que par son isolement, les moyens d'intervention et de lutte dont dispose la Polynésie française sont relativement limités.

La conduite de moyens d'intervention nombreux et éclectiques, en mer comme à terre, relevant d'autorités et d'organismes divers (différentes administrations de l'État, territoire, compagnies pétrolières, …), induit un besoin de coordination renforcé. La complexité des problèmes à résoudre justifie une implication de nombreux niveaux d'autorité : la nature du sinistre peut avoir engendré de nombreux blessés nécessitant le déclenchement simultané des plans POLMAR, du plan de secours à naufragés et du plan rouge de la protection civile. Ou bien la pollution, lorsqu'elle n'a pu être maîtrisée en mer, arrive sur la côte et conduit à organiser une lutte à terre.

Évaluer les risques et protéger les sites

La Polynésie française a la chance d'être située en dehors des deux grandes voies maritimes entre Sydney et le canal de Panama qui se dessinent au nord et au sud de ses eaux. Toutefois pour sa propre consommation, la Polynésie française est ravitaillée régulièrement par des pétroliers qui constituent un risque important pour la prévention de la pollution en mer.

Mais le risque majeur est constitué par les combustibles de soute des navires de commerce, des goélettes , des paquebots ou des bâtiments de pêche car la fréquence des échouements est relativement élevée en Polynésie. Enfin, la ligne Papeete-Moorea, qui représente plus de 90% du trafic, n'est pas exempte de risques.

Lorsqu'une pollution maritime se produit, les efforts visant la protection des personnes et des biens s'effectuent en fonction de priorités prédéfinies. Bien évidemment, la priorité première est celle de la protection des personnes physiques et la sécurité des populations. Il convient ensuite de chercher à protéger les habitats biologiques ainsi que les espèces rares et menacées. Vient ensuite la protection des ressources commerciales et du patrimoine culturel, et enfin celle des biens et équipements à caractère non commercial.

Coopération internationale


L'océan Pacifique est caractérisé par un déplacement ininterrompu des masses d'eau et constitue probablement l'océan le plus homogène de la planète. Il importe donc que les États et territoires insulaires du Pacifique adoptent des dispositions régionales communes pour combattre efficacement les problèmes liés à la pollution marine. De fait aucun des pays insulaires océaniens ne peut faire face de manière isolée à une pollution maritime de grande ampleur. Une coopération en matière de prévention et d'intervention dans le domaine de la lutte est devenue nécessaire.

Le Programme R égional Océanien de l'Environnement (PROE) constitue le cadre de cette coopération à laquelle sont associés La France, l'Australie, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis. Le territoire de la Polynésie française est territoire insulaire océanien membre du PROE.
Le PROE, qui cherche à aider les pays insulaires à mettre en œuvre des activités visant la protection de l'environnement, a élaboré un Programme pour la prévention de la pollution marine dans le Pacifique (PACPOL) qui prévoit diverses mesures destinées à aider les pays insulaires membres à prévenir les pollutions marines et à intervenir en cas de rejets de polluants en mer. Ce programme a permis de rédiger le Plan régional océanien d'intervention en cas de déversements en mer (PACPLAN) qui constitue le cadre au sein duquel s'inscrivent les efforts de coopération si d'importants déversements viennent à se produire dans le Pacifique insulaire.
Le dernier séminaire PACPOL, qui s'est tenu en novembre 2003 à Auckland, a également permis de nouer des liens de coopération particuliers avec l'autorité maritime chargée de la sécurité en mer ; ainsi, depuis la fin de l'année 2004, La Polynésie française disposera d'un accord bilatéral d'assistance mutuelle avec la Nouvelle-Zélande, dont l'objet est de faciliter le recours aux ressources et moyens de l'un ou l'autre pays ou territoire en cas de pollution maritime majeure.

Plan POLMAR


Quelles seraient les conséquences d'une pollution majeure de l'océan ? C'est pour éviter d'avoir à répondre trop brusquement à cette question qu'une instruction du Premier ministre datée du 2 avril 2001, relative à l'intervention des pouvoirs publics en cas d'accidents maritimes majeurs, fixe les principes généraux d'élaboration et de mise en œuvre des plans de secours et de lutte relatifs aux accidents maritimes majeurs, en métropole et outre-mer, et notamment le contenu du plan POLMAR de prévention et de lutte contre les pollutions accidentelles de la mer. Plusieurs textes parus en mars et juillet 2002 et émanant directement du Premier ministre prévoient d'ailleurs les dispositions à prendre préventivement en matière de lutte contre la pollution du milieu marin ; une instruction traite en particulier de la recherche et de la répression de la pollution par les navires, engins flottants et plates-formes, c'est dire tout l'intérêt porté par le gouvernement à ces questions.

Actualiser les plans d'intervention

Si les risques objectifs d'une pollution majeure du milieu marin en Polynésie française apparaissent comme faibles, un accident de ce type aurait en effet des conséquences humaines, sociales, économiques et médiatiques considérables. La perliculture, le tourisme, la pêche (ces trois activités majeures de la Polynésie française) sont directement exposées à ces risques de pollution du milieu marin et il convient de s'organiser pour les protéger.
Au delà des compétences respectives de chacun des intervenants et compte tenu à la fois de l'éloignement de la Polynésie française et des moyens de lutte contre une pollution qui resteront limités, il est capital que l'ensemble des acteurs professionnels, des services et des administrations de l'État et du Territoire concernés, soient mobilisés pour participer à une éventuelle lutte contre une pollution accidentelle en mer.
La refonte du plan POLMAR de la Polynésie française arrive maintenant à son terme ; ce texte particulièrement volumineux et documenté, qui comporte un volet d'organisation de la lutte à terre et un volet pour la lutte en mer, devait trouver son application dans le courant de l'année 2004, après publication d'un arrêté du Haut-commissaire de la République ; l'organisation d'un exercice majeur de lutte antipollution en septembre 2003, en présence du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, a permis de mettre la dernière main à ce document et de fixer durablement les procédures d'intervention. Ainsi, la Polynésie française s'apprête à disposer d'un dispositif de lutte complet, qui ne cesse de se renforcer d'année en année.