La qualité des eaux de baignade
Depuis 1985, le service d'hygiène et de salubrité publique (S.H.S.P.) est en charge des prélèvements relatifs à la qualité des eaux de baignades de Tahiti.
A cette date, les premiers résultats ont montré que malheureusement 45 % des eaux de baignades des plages du lagon de Tahiti étaient polluées ou occasionnellement polluées. En 1997, le S.H.S.P. a réalisé sur les îles de Tahiti et Moorea 1296 prélèvements sur 137 points de surveillance dont 96 en mer et 31 en embouchure de rivière ou à la source et ce, étalés sur toute l'année. Les analyses n'ont fait que confirmer les premières impressions et ont mis en évidence que la qualité des eaux de baignades de Tahiti ne s'était pas améliorée. Sur certains lieux, au contraire, elle s'est même dégradée, ce qui ne fait que noircir le tableau. Le service d'hygiène et de salubrité publique a également effectué des prélèvements sur Bora Bora, Raiatea et Huahine. Pour ses trois îles, la qualité des eaux de baignades est bonne sans doute grâce à une urbanisation limitée ou un assainissement efficace, notamment à Bora-Bora.
La dégradation des sites est très souvent liée à une négligence de la population qui rejette les ordures ménagères directement dans la rivière. Lorsque la saison des pluies arrive, les ordures sont emportées, s'entassent aux embouchures des rivières et ne font qu'accroître une pollution déjà importante. La pollution provoquée par des rejets industriels n'est également pas négligeable. C'est ainsi que l'embouchure de la Punaruu se trouve saturée par des polluants très forts qui ne peuvent pas être combattus naturellement. Les communes ont alors à faire face à un problème de sens civique évident en expliquant à la population que l'on ne nettoie pas son fare simplement en jetant ce qui gène à l'extérieur. De leur côté, les municipalités doivent mettre en place un assainissement collectif pour remplacer des "micro" structures saturées. Elles doivent également faire comprendre aux industriels qu'un système d'assainissement, même s'il coûte cher, est indispensable voire même obligatoire pour une meilleure qualité des eaux rejetées.
Pour résoudre ces différents problèmes, il faut que le trio État/Territoire/Communes trouve dès aujourd'hui une solution pour enrayer une fuite en avant qui à long terme pourrait s'avérer irréversible. Quant à la population et aux industriels, ils doivent prendre conscience qu'ils ont un héritage à transmettre aux générations futures.

