logo

design


Les techniques de pêches

La pêche au Paru

La pêche au paru consiste à capturer essentiellement de jour les vivaneaux par 100 à 400 mètres de profondeur. Cette méthode de pêche issue de techniques ancestrales a évolué avec l'arrivée de matériel de plus en plus performant. Et déjà, le paru se fait plus rare à Tahiti…

Une ressource fragile

Les paru, recherchés pour leur chair d'excellente qualité, vivent près du fond, sur les pentes externes des îles, entre 100 et 600 m de profondeur. Une centaine d'espèces sont recensées en Polynésie française, dont près d'une trentaine dans l'archipel de la Société, le plus riche.
Les paru ont une croissance très lente, donc une maturité sexuelle tardive. Si les poissons adultes sont pêchés avant d'avoir pu se reproduire (donc perpétuer l'espèce), les effectifs chutent petit à petit. La ressource en paru, fragile pour cette raison, est déjà fortement entamée dans l'archipel de la Société en raison de la pression exercée par le grand nombre de pêcheurs, et s'est raréfiée autour de Tahiti en une trentaine d'années. Pour le Président de l'association Toa Hiro des pêcheurs de Mahina, le matériel performant disponible aujourd'hui, et qui rend la pêche au paru facilement accessible, contribue à cette raréfaction : "Il y a 6 ans, une bonne pêche, c'était 40 poissons. Aujourd'hui, si un pêcheur sort 10 pièces, c'est bien. C'est sûr qu'avant, quand il y avait 350 mètres de ligne à remonter à la main, c'était plus sélectif !".

Techniques d'hier et d'aujourd'hui

Les parus sont pêchés depuis très longtemps : les ancêtres utilisaient une simple ligne à main descendue le long des tombants récifaux jusqu'à 300 - 350 m de profondeur. Un caillou, auquel étaient ficelés des déchets de poisson pour appât, servait de plomb, et l'ensemble dérivait, attaché à une bouée.
La pêche au paru d'aujourd'hui est moins aléatoire… Le vent, la houle et le courant déterminent tout d'abord le lieu de pêche. Une fois sur place, le pêcheur étudie la profondeur et la topographie du fond au moyen d'un échosondeur électronique, qui permet souvent le repérage des bancs. On est loin de la ligne étalonnée qui servait de sonde…
Les traditionnels treuils manuels et le fil en Dacron qui descendait mal ont été remplacés par des moulinets électriques et du fil en Spectra, sensible aux touches, résistant et fin (il ne se courbe pas malgré la longueur filée, un avantage à la remontée). Le bas de ligne, équipé d'un lest de 1 kg - 1,5 kg, est armé de 3 à 4 hameçons auto-ferrants sur émerillon, appâtés avec des morceaux de bonite ou de marara (poisson volant), descendus jusqu'à 350 m de profondeur.
La ligne est filée jusqu'à toucher le fond, puis remontée d'environ 1 à 2 mètres pour limiter les risques d'accrochage. Toutes les 5 à 10 minutes, la ligne est relâchée jusqu'à toucher le fond afin de contrôler la hauteur d'eau (distance entre le fond et le plomb).

Pas si facile de ramener un paru

Les meilleurs paru se pêchent sur les îles volcaniques hautes, notamment autour de Tahiti et Moorea. Viennent ensuite Tetiaroa, Maiao et les Tuamotu (qui possèdent la plus grande superficie de zones à paru), mais on y trouve surtout du paru de " deuxième catégorie ".
On compte une centaine de pêcheurs amateurs à Tahiti, passionnés de cette pêche des profondeurs. Pour se lancer, prévoir toutefois un équipement conséquent : comptez 200 000 F pour un bon moulinet et sa canne, 50 000 F pour 1000 m de fil en Spectra (20 000 pour le McKuron, moins cher), jusqu'à 200 000 F pour le sondeur et le petit matériel.
Mais l'efficacité du matériel ne fait pas tout… Par exemple, le paru nohu mord beaucoup à la pleine lune et durant les 8 à 9 jours qui suivent, et également 3 jours après la nouvelle lune. Sur un même site, il peut mordre (ou pas) à 15 m près… Pourquoi ces préférences ? Affaire de courants marins… Le succès des pêches profondes dépend donc aussi des conditions météorologiques, de la zone de pêche, de la nature des fonds, de la qualité des appâts, de la luminosité, de la phase de la lune… et, bien sûr, de l'habileté du pêcheur ! Ne pêche pas un paru qui veut…

Pêche lagonnaire


Pêche au ature : Technique entre la pêche côtière et la pêche lagonnaire qui se pratique dans de grandes baies avec des filets de 200 m de long, dont les mailles ont pour largeur 6 cm. Le filet est ramené vers la plage, tiré par un bateau. Ce type de pêche est réglementée (voir encadré).

Pêche au fusil : destinée à la consommation personnelle ou à la vente de proximité (bords de route)
Espèces pêchées : perroquets, carangues, chirurgiens, becs de canne...


Parc à poisson : le procédé consiste à concentrer les poissons dans un piège en forme d'entonnoir
fait de grillage et placé près des passes, dans une profondeur de 1 m-1m 50, dans un courant favorable à la capture. Les poissons sont ensuite pêchés au fusil, au filet ou encore au seau. Ce procédé est très répandu au Tuamotu.

Pêche au filet : elle est réglementée, en fonction des saisons et des tranches horaires. Elle est réservée aux petits poissons de type ature, operu, orare et aux alevins (ouma, inaa...)

Pêche au caillou : Technique de pêche traditionnelle qui consiste à rabattre le poisson dans un grand filet en frappant dans l'eau avec un caillou relié à une corde. Ce type de pêche n'est plus pratiqué qu'en certaines occasions (grand rassemblement tel que celui dans le lagon de Maupiti chaque année).


Pour en savoir plus

Techniques artisanales de pêche à la ligne, EVAAM.
Te Vea Tautai, La lettre de la pêche n°15, juin 2004
Association des Pêcheurs de Mahina, TOA HIRO - Tél : 70 14 70