Pêche hauturière. Sur la voie de la guérison ?
Depuis 2009, le poisson est de retour, mais la filière hauturière cafouille toujours. En cette année, l’heure est à la mise en oeuvre d’une stratégie globale pour mieux pêcher et commercialiser. Le Pays, qui depuis des années, porte le secteur à bout de bras, se remet aujourd’hui en question sur son mode d’intervention, notamment en période de restriction budgétaire.
Depuis 2004, le diagnostic établi par les différents ministres en charge de la pêche hauturière est implacablement le même. La filière hauturière souffre d’une totale désorganisation qui se traduit par des symptômes clairement identifiés :
un manque de planification des campagnes de pêche, un déséquilibre entre pêche fraîche et congelée et des circuits de commercialisation sans cohérence ni structure. Du côté des hommes, on déplore la pénurie de main d’oeuvre qualifiée, marins, mécaniciens ou capitaines, pour des métiers jugés toujours peu attractifs. Les conséquences de ces dysfonctionnements sont lourds : un marché local saturé, des prix de vente trop bas qui ne couvrent pas ou à peine les charges des armateurs endettés, une filière export difficile à réactiver et des armements qui ont du mal à recruter.
Production : le poisson est là…
En 2008, sur les 99 thoniers titulaires d’une licence de pêche, 68 ont été actifs, soit quatre navires de plus qu’en 2007. Ils totalisent 858 marées pour 12 325 jours de mer. Quant aux rendements moyens, ils enregistrent une baisse de l’ordre de 20 %. La production représente un peu plus de 5 000 tonnes dont 3 068 tonnes de germon, suivi du thon obèse (490 t), la deuxième espèce la plus capturée dans nos eaux. Sur l’année 2009, on assiste à une croissance continue des rendements qui ont atteint le niveau record de 2007 au mois de juin pour le dépasser depuis juillet, une tendance qui se confirme au second semestre. Cette hausse est principalement dirigée par la croissance des taux de capture en thon germon mais également en thon à nageoires jaunes (principalement au deuxième trimestre) et en thon obèse (en hausse croissante depuis le début de l’année).Au premier semestre 2009, la production atteignait déjà 4 326 tonnes. Selon certains experts, la ressource est de retour et ce nouveau cycle de forte production devrait durer entre 4 à 5 ans.
Une réorganisation globale
Le Ministre des Ressources Marines, en février 2009, Teva Rohfritsch, succédant à Temauri Foster, a tout d’abord réalisé un état des lieux précis, puis rétabli le dialogue avec les professionnels (pêcheurs, armateurs, mareyeurs) avant de proposer un plan de réorganisation. « Le nouveau schéma suppose de réorganiser la production, afin que le pêcheur puisse bien pêcher et bien vendre, que le mareyeur ait les meilleures conditions de vente, la meilleure qualité de poisson et une garantie d’approvisionnements réguliers. » Chacun à sa place ! Ce qui suppose pour l’ensemble des acteurs de la filière de bousculer quelques habitudes, notamment lors du cumul de plusieurs fonctions comme celles d’armateur-mareyeur… « L’heure n’est plus à l’individualisme, au chacun pour soi. Il faut se regrouper et se concerter encore et toujours, car ce n’est qu’ensemble que nous relèverons le défi. », affirme le ministre. Marins, capitaines, armateurs, mareyeurs sont tous sur le même navire malade et la survie du secteur dépend de chacun d’entre eux et de leur capacité à respecter les règles établies…
