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Les différents matériaux

    L'acier

    La construction acier ne peut s'envisager que pour les bateaux de plus de 10 mètres, étant donné son poids au m2. En effet un acier trop mince ne peut se souder de façon satisfaisante. C'est un excellent matériau pour les grosses unités, à condition qu'il soit mis en oeuvre dans les règles de l'art. Son point faible est la corrosion, mais de nos jours, les techniques de sablage et les peintures modernes ont résolu ce problème. Cependant il demandera à être vérifié et entretenu régulièrement.

    Le bois


    C'est le plus ancien matériau connu, dépassé aujourd'hui par le polyester pour la grande série, et les techniques modernes d'utilisation des métaux.
    Outre la construction à bordé classique qui n'est plus guère utilisée que pour les reconstitutions d'époque, le bois a été employé ces dernières décennies de diverses façons :
    Bois moulé à froid : sur un moule mâle, les placages sont collés superposés, chaque couche croisant la précédente. La coque est légère et résistante, mais c'est un travail à l'unité, et le coût en est donc relativement élevé.
    Le contreplaqué de qualité "marine", qui est limité dans son rayon de courbure, peut être utilisé pour des coques simples à bouchain, et est surtout utilisé pour les cloisons intérieures et les aménagements.
    Construction à bordé étroit : Le principe ressemble à la construction classique, mais avec des virures étroites, de section carrée, collées et clouées aux membrures, et rabotées ensuite à l'extérieur.
    Une méthode moderne, qui nous vient des Etats-unis, (WestSystem) consiste en une imprégnation complète des bois à la résine époxy, et a permis de supprimer les clous et chevillages métalliques qui étaient source d'oxydation. Ce principe a révolutionné la construction bois, en offrant des coques plus légères, étanches, imputrescibles et faciles d'entretien.

    Entretien

    Les 2 grands ennemis des bateaux en bois sont les parasites, comme le taret, qui y creusent leurs galeries, et l'eau douce. L'eau de pluie est le facteur primordial de pourriture du bois, il est donc indispensable de l'empêcher de s'accumuler dans les coins.
    Pour les coques en contreplaqué, le principal défaut sera le feuilletage du contreplaqué (l'eau s'introduit entre les feuilles du placage) qui pourra faire de grands dégâts avant toute pourriture. Il est donc indispensable que les tranches soient bien protégées et que l'eau ne puisse y stagner. Des fissures dans la peinture ou un gonflement de la surface indiquent souvent que le joint "travaille".
    La réparation d'une coque en bois consiste très simplement à remplacer le bois pourri par du bois sain. Les techniques sont nombreuses, et les résines époxy modernes peuvent s'avérer très utiles.

    Le ferro-ciment

    La méthode est simple : on fabrique l'ossature en fer à béton, soudé ou lié, sur laquelle on fixe un treillis métallique léger en plusieurs couches. Puis on applique un mortier écrasé de part et d'autre de ce treillis, en une seule fois, ce qui demande une main d'oeuvre nombreuse. Le mortier doit être méticuleusement dosé et le travail soigné. La difficulté de ce genre de construction est d'en limiter le poids au m2. L'aspect final devrait être celui d'un bateau en polyester. Avantages : un prix de revient bas, et une technique accessible au constructeur amateur, une bonne réaction aux chocs. Cependant, du fait de son poids, ce procédé est déconseillé pour les unités de moins de 12 m.

    Le polyester


    Le polyester est une résine qui, alliée à la fibre de verre, donne un matériau à la fois léger et très résistant. Les coques en polyester sont les plus répandues, et il est certain que l'invention de ces matériaux synthétiques est pour beaucoup dans "l'explosion" de la plaisance.
    Le polyester a de nombreux avantages : bonne résistance par rapport à son poids, entretien facile, et fabrication en série, donc prix de revient intéressant.
    On fabrique le moule sur une matrice en bois, parfaitement finie et ayant la forme finale. Puis on fabrique la coque dans le moule, en commençant par 1 couche de gel coat, suivie de plusieurs couches successives de polyester et fibre de verre jusqu'à l'épaisseur voulue. Après durcissement, on sépare la coque du moule et on y ajuste le pont (moulé par ailleurs), et les cloisons.

    La résine polyester

    La résine vendue dans le commerce a été pré-accélérée (localement) au cobalt, d'où sa légère teinte. Ce procédé limite son temps de conservation, mais évite à l'utilisateur le risque de mélange cobalt + catalyseur, extrêmement dangereux. Il suffit donc d'ajouter à la résine le catalyseur soigneusement dosé à 2 ou 3 %. La résine courante se présente sous 2 formes : "laminaiting", elle reste légèrement poisseuse après durcissement pour accrocher la couche suivante (résine ou peinture), ou "finishing" (contenant de la parafine), pour une surface finale sèche et dure mais qui n'accrochera aucune couche supplémentaire.

    Le polyester armé

    Sur la première couche de résine encore fraîche on applique un mat de verre (fibres non tissées) puis alternativement une couche de résine et une couche de rowing (fibres tissées) jusqu'à obtention de l'épaisseur désirée : 6 ou 7 mm pour les oeuvres mortes et jusqu'à plusieurs cm pour les oeuvres vives. Et on termine par une couche de mat, dont la souplesse permet de compenser les inégalités du rowing. L'outil indispensable est le rouleau ébulleur qui sert à imprégner la résine dans les fibres, tout en chassant les bulles qui pourraient s'y trouver prisonnières.
    Dans certains cas on utilise de la "choucroute", poudre de cilice très fine mélangée à la résine, qui sert à faire les angles de cloisons, collages ou rebouchages, la où le tissu de verre est trop raide ou inadaptable.

    L'aluminium


    C'est un matériau qui a toujours attiré les constructeurs, mais ce n'est qu'assez récemment que de nouveaux alliages l'ont rendu vraiment accessible, surtout dans le domaine de la soudure. Son coût est plus élevé que celui de l'acier, mais sa légèreté et l'évolution des techniques ont permis d'économiser sur la main d'oeuvre, ce qui le rend aujourd'hui compétitif. On l'utilise aussi bien pour la construction des petites barques que pour les paquebots. Ses principaux avantages sont son faible poids, sa résistance aux chocs, et sa longévité.
    Les coques de bateaux sont entièrement soudées, sauf certains aménagements rivetés dans les oeuvres mortes. Ce type de soudure à l'arc, sous vide, et à l'argon, est affaire de professionnels et demande un équipement spécialisé. (A noter que les carlingues d'avions sont, elles, entièrement rivetées, l'alliage spécial utilisé pour sa légèreté ne se prêtant pas à la soudure, en attendant les colles-miracle).

    Peindre sur l'aluminium

    On peut dire que, l'aluminium se protégeant très bien tout seul, mieux vaut le laisser nu pour pouvoir le contrôler. Contrairement aux autres supports, la peinture ne sert pas ici de protection mais est utilisée dans un but esthétique.
    Avant de peindre, on procédera au traitement de la tôle, par sablage ou dérochage (acide + lavage à l'eau), pour enlever la couche d'alumine. L'alumine est une auto-corrosion produite par l'aluminium et qui le protège en surface.
    Puis application d'une couche de primaire spécial aluminium.
    Enfin 2 couches de peinture bicomposante, polyuréthane ou époxy.

    Les coques alu et l'électrolyse

    L'aluminium étant un métal tendre, il sera d'autant plus menacé par les problèmes d'électrolyse.
    Aussi faut-il être très vigilant pour l'isoler :
  • Des sources électriques, en ayant une installation bi-polarisée et isolée de la masse. On peut installer des "tests de fuite" en 2 points de la coque, qui signaleraient un éventuel faible passage de courant, ce qui provoquerait à brève échéance une désintégration de l'aluminium.
  • Des autres métaux, tel l'inox, utilisé en visserie et en accastillage. Le fabricant utilisera de préférence de la boulonnerie en alu. Chaque fixation, ou pièce inox devra être entièrement isolée de la coque alu, au moyen de fourreaux et rondelles en teflon ou caoutchouc, ou tout matériau isolant électrique (attention de n'utiliser que de l'inox qualité marine, le seul qui résiste réellement à l'oxydation).
  • Des bateaux voisins, en vérifiant régulièrement l'état des anodes, l'eau de mer mettant en électrolyse les divers métaux sous la flottaison.