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MRCC : Bilan 2008

    En 2008, le MRCC a coordonné 144 opérations de sauvetage et a assuré 48 suivis de navigation (assistance aux biens sans sauvetage), soit un total de 192 situations.

    1. Les opérations de sauvetage
    Leur nombre est encore à la hausse en 2008, pour la quatrième année consécutive. La durée moyenne d’une opération de sauvetage est toujours importante, puisqu’elle s’établit à 12 heures. En effet, l’immensité de la SRR rallonge les délais de ralliement des moyens et les durées de recherche.
    En 2008, 218 personnes ont été impliquées dans une opération de sauvetage, 136 personnes ont été secourues et 73 se sont tirées d’affaire elles-mêmes. 7 personnes sont décédées et 2 ont été portées disparues :
    • Les décès ont eu lieu lors d’activités individuelles pratiquées dans le lagon ou à proximité du récif : plongée, baignade ou engin de plage.
    • Les disparitions ont eu lieu en haute mer.
    Quels types d’embarcation ? Le nombre de voiliers impliqués dans les opérations de sauvetage est plus important en 2008 qu’en 2007. Sont ensuite concernés les poti marara aux avaries récurrentes.
    A noter une hausse des avaries sur kayak et pirogue (va’a), au risque que les pratiquants deviennent des baigneurs isolés de leur petit flotteur (avec risque de noyade dans des zones extra-lagonaires).

    Origine des alertes
    • La gendarmerie, bien implantée sur les 5 archipels, joue un rôle prépondérant dans la transmission des alertes, en assurant le rôle d’intermédiaire entre le MRCC et les témoins privés qui signalent un événement ou une inquiétude.
    • Le FMCC Toulouse transmet les alertes concernant les déclenchements de balises de détresse satellitaires COSPASSARSAT.
    • La station côtière Mahina Radio, qui assure une veille en VHF et HF, relaie les alertes vers le MRCC.

    Moyens engagés en 2008 Tous les moyens publics et privés sont mobilisables lors d’un sauvetage. Le sauvetage des personnes est l’affaire de tous, sans exception.
    En raison de l’étendue de la zone maritime et de la concentration des moyens de l’Etat sur l’île de Tahiti, les opérations sont fréquemment conduites sous la coordination du MRCC avec l’aide d’un moyen privé de proximité. Dans les îles éloignées, seuls sont susceptibles d’intervenir les moyens de la gendarmerie nationale ainsi que les moyens privés de bénévoles en concertation avec les maires (d’où l’importance de la création de la FEPSM, lire page 103).

    2. Les suivis de navigation
    Il s’agit d’actions de prévention menées pour des navigations délicates : navire fragilisé à la suite d’une avarie ou embarcation inadaptée aux conditions de mer.
    En 2008, le MRCC a assuré 48 suivis de navigation, dont 11 suivis après avarie -exclusivement conduites par des navires privés - et 37 suivis particuliers de navigation hauturière (26 suivis de traversée inter-atolls ou inter-archipels, déclarations de partance ou signalement de transit transmis par la direction polynésienne des affaires maritimes).

    Que dire de ces chiffres ?
    Ces chiffres restent relativement modestes, si on les rapporte à l’immensité de la zone. Ils le sont un peu moins quand on les rapproche du nombre d’habitants de la Polynésie française (près de 260 000 personnes au dernier recensement en 2008).
    Cette situation révèle néanmoins une bonne connaissance de la mer et des risques qu’elle engendre pour la population polynésienne. À l’inverse, ils ne traduisent vraisemblablement qu’une partie des cas de sauvetage en mer, l’entraide mutuelle et spontanée entre marins restant de mise.
    Si l’accroissement de l’activité du MRCC provient partiellement d’une meilleure connaissance du rôle de cet organisme par les usagers de la mer, il s’explique aussi par la persistance de comportements peu responsables : trop d’usagers s’aventurent en haute mer avec des embarcations mal entretenues, autorisées à naviguer seulement à proximité des côtes, et ne disposent donc pas des équipements, du matériel de sécurité et des moyens de communication appropriés lorsque survient le mauvais temps ou une avarie.