Moyens et actions de l’Etat en mer
Moyens et actions de l'État en merL’histoire et la géographie ont créé un lien particulier entre la Polynésie française et la mer. Peuplés par d’intrépides marins, ses archipels comptent 121 îles, dont près de la moitié sont habitées, réparties sur une étendue comparable à l’Europe, et qui déterminent une zone économique exclusive de près de 5 millions de km2, soit la moitié du patrimoine maritime national.
L’essentiel des ressources propres de la Polynésie française est directement lié à la mer. Le tourisme, essentiellement balnéaire, la perliculture et la pêche, côtière ou hauturière, constituent en effet les principales sources de revenus du Pays. Ce contexte fournit le cadre des priorités de l’action de l’Etat en mer (AEM).
Les missions de l’AEM
L’action de l’État en mer, en Polynésie française, est orientée vers quatre actions prioritaires :
• La sauvegarde des personnes et des biens sur une zone immense où les activités maritimes sont peu denses mais très dispersées, la France ayant accepté d’assurer cette responsabilité internationale sur une surface de 11 millions de km2, qui s’étend des Kiribati jusqu’à Pitcairn ;
• La protection de l’environnement et des ressources marines de plus en plus convoitées, les zones économiques exclusives de Polynésie française et de Clipperton occupant une place de choix dans un océan Pacifique devenu la première pêcherie du monde ;
• La sécurité maritime visant à s’assurer que les activités en mer (loisirs, transports, commerces) sont exercées dans le respect des lois et règlements, pour la tranquillité et la sécurité de tous les usagers de la mer ;
• La surveillance de frontières maritimes considérables, le morcellement du territoire pouvant être propice au développement de trafics maritimes variés, au profit de réseaux locaux ou internationaux.
Ainsi, au cours de l’année 2008, le MRCC (centre de sauvetage des vies humaines en mer) a coordonné environ 150 opérations de sauvetage impliquant 200 personnes.
Les bâtiments de la Marine nationale ont effectué 153 jours de mer au titre de la surveillance maritime de la zone économique exclusive de Polynésie française et de Clipperton.
Les moyens nautiques de la gendarmerie, de la gendarmerie maritime et des douanes ont par ailleurs assuré la police de la navigation lors de nombreuses manifestations nautiques importantes, dont la célèbre course Hawaiki nui va’a, et effectué plusieurs opérations de contrôle sur les navires à passagers.
Suite aux conclusions nationales et locales du Grenelle de la mer et aux priorités énoncées par le Président de la République dans son discours sur la politique maritime de la France, à l’été 2009, les missions liées à la protection de l’environnement et à la préservation de la ressource halieutique seront sans doute amenées à se développer dans les années à venir. Par exemple, le développement attendu des aires marines protégées en Polynésie française, notamment en haute mer, nécessitera des opérations de contrôle et de surveillance de ces espaces protégés.
Une organisation originale
L’action de l’état en mer relève, dans la zone maritime de Polynésie française, de la responsabilité du haut-commissaire, assisté par le commandant de zone maritime. Ce dernier coordonne, pour cette mission, les moyens de différentes administrations et services : forces armées, douanes, affaires maritimes, gendarmerie....
Par ailleurs, compte tenu du partage des compétences maritimes entre l’État et le Pays en Polynésie française, l’AEM s’exerce en partenariat avec les services du territoire concernés (DPAM, service de la pêche, port autonome…). À cet effet, une commission maritime État/Pays a notamment été créée en avril 2007 afin de traiter des questions de compétences partagées comme la pêche, la sécurité des loisirs nautiques ou encore les plans d’urgence maritimes.

Des moyens adaptés aux types d’intervention
L’action de l’État en mer repose sur la coordination de moyens relevant de différentes administrations et services. Participent ainsi à l’action de l’État en mer :
• Des moyens nautiques de la Marine nationale (une frégate de surveillance, deux patrouilleurs hauturiers, un bâtiment de transport léger, un remorqueur de haute-mer), des douanes (un patrouilleur côtier), de la gendarmerie maritime (un patrouilleur côtier) et de la gendarmerie départementale (embarcations légères) ;
• Des moyens aériens de la Marine nationale (trois avions Gardian) et de l’armée de l’air (deux hélicoptères et deux avions de transport) ;
• Des moyens terrestres de la gendarmerie, avec les brigades réparties sur les îles, des affaires maritimes et de la marine qui fournit notamment une partie du personnel du centre de sauvetage des vies humaines en mer (MRCC).
À travers cette organisation, l’État assure une multiplicité de missions destinées à garantir l’ordre public en mer, indispensable au développement des activités maritimes.
